avr
22
2013

Voyage dans les Côtes-du-Rhône : visite de deux domaines viticoles pionniers en Biodynamie

Les méthodes de viticulture biodynamique vous intriguent ? Vous avez envie d’en savoir plus sur leur pratique ? Direction les Côtes-du-Rhône, à la rencontre de la Famille Saurel du domaine Montirius et d‘Eric Plumet et Marie-Pierre Plumet d’Ardhuy du domaine la Cabotte. Deux domaines reconnus pour la qualité exceptionnelle de leurs vins et pour leur engagement en Biodynamie. Deux domaines ayant adopté les mêmes méthodes mais dont l’approche est sensiblement différente : si pour les uns, la Biodynamie est devenue en quelque sorte une croyance, en laquelle ils ont foi et dont ils acceptent de ne pas s’expliquer tous les mécanismes, les seconds ont une approche beaucoup plus scientifique. Deux modes de présentations différents pour expliquer les mêmes phénomènes.

De quoi donner des clés de compréhension à tous les lecteurs : les plus passionnés comme les plus rationnels, les adeptes de thèmes astraux et de phénomènes inexpliqués comme les scientifiques convaincus !

Domaine Montirius Côtes-du-Rhône

Au domaine Montirius, une approche passionnée et empirique de la Biodynamie.

« Le vin c’est ressentir, ne pas être dans l’intellect, pour écouter cet équilibre. Il faut garantir que, des vignes jusqu’à la table, ça ne soit que du ressenti. Pas de l’intellectuel mais de l’effet Whaou à chaque étape. »

Le domaine Montirius est une exploitation familiale depuis cinq générations. Située au Sud de la Vallée du Rhône, sur les appellations A.O.C Vacqueyras, Gigondas et Côtes du Rhône, elle s’étend sur 58 hectares convertis entièrement à la Biodynamie depuis 1996. Cela fait donc déjà dix-huit ans qu’ils font le pari de cette méthode radicale nécessitant d’adapter entièrement leur mode de vie et de travail. Des précurseurs en la matière, qui étaient montrés du doigt pour leurs méthodes étranges avant que celles-ci mettent tout le monde d’accord par leur efficacité !

 Domaine Montirius

 

Pourquoi le choix de la Biodynamie ?

C’est Christine et Eric Saurel qui ont initié ce virage en 1997. Tout a commencé avec la naissance de leur fille. Intolérante à la médecine classique (dite allopathique), elle a beaucoup inquiété ses parents avant qu’ils ne découvrent les bienfaits de l’homéopathie. Voyant des résultats positifs, ils ont peu à peu supprimé les éléments chimiques qui polluaient leur vie et rendaient leur fille malade. Ils se sont mis à la nourriture bio puis leur regard s’est naturellement porté sur leurs vignes. En voyant les bienfaits de ces pratiques sur eux,  ils ont commencé par arrêter les engrais, puis les pesticides. Enfin, ils se sont mis a davantage préparer leurs sols.

Pour aller plus loin, ils ont tenté de voir s’ils pouvaient faire du bio… Mais ils se sont vite ravisés car pour eux, le bio est philosophique et pas tellement pragmatique. Il faut savoir qu’à l’époque, le bio utilisait beaucoup de cuivre dans ses mélanges. Un produit extrêmement polluant bien que naturel.
En cherchant davantage, ils ont entendu parler de « fous » qui suivaient l’activité des planètes et vendangeaient la nuit pour optimiser leurs récoltes. À l’époque, le domaine de Châteauneuf du Pape qui s’était lancé dans cette aventure était mal perçu par tout le monde… Ils décident quand même d’aller le voir, et là : surprise ! La terre était vivante et souple, les feuilles bien nervurées, les vins équilibrés… C’est le coup de foudre et leur décision est prise : ils feront la même chose !

 

© domaine Montirius

© domaine Montirius

 

Des débuts compliqués…

Ils se renseignent donc sur les méthodes biodynamiques et en appliquent les principes. Des débuts très compliqués car à l’époque, elles sont très mal vues et ils évitent  de trop en parler autour d’eux afin de ne pas risquer d’être mal vus. D’un autre côté, tout leur semble assez logique car il ne s’agit en réalité que du prolongement de ce qu’ils faisaient déjà dans leur vie privée !

Dans leurs démarches, ils se font aider par François Bouchet, un vigneron de la Loire qui est devenu conseiller en Biodynamie et a monté sa boîte, Terre en devenir. Tous les domaines en Biodynamie ont fait appel à ses services et forment un joyeux club : « Les enfants de Bouchet ».

 

Le tournant ?

On est en 1997 et l’année est chaotique. Selon eux, c’est parfait pour démarrer, car en Biodynamie, tout naît du chaos. C’est une philosophie… Et au final, leur stratégie a payé : ils ont obtenu un superbe raisin qui n’a pas été touché par le mildiou, tandis que toutes les exploitations environnantes ont été dévastées. Ça les a convaincu de vouer une foi sans limite à la Biodynamie, tandis qu’autour d’eux, les plus critiques leur disaient : « On ne sait pas ce que vous faites, mais ça marche ! »

« Ce que la Biodynamie nous a apporté, c’est la compréhension de l’équilibre. L’équilibre est essentiel dans tous les domaines de notre vie. »

 

La reconnaissance

Domaine Montirius

Aujourd’hui, la réputation du domaine Montirius n’est plus à faire ! Primés chaque année depuis 1998 pour l’excellence de leurs vins – quelle que soit leur appellation et leurs millésimes – sélectionnés dans les caves de restaurants étoilés, ils sont régulièrement mis en avant par la presse professionnelle. Avant tout, l’équilibre de leurs vins et la régularité de leurs produits leur a permis de se placer sur un créneau haut de gamme. La liste des récompenses reçues chaque années parle d’elle-même pour justifier les tarifs et le succès de ces vins particulièrement choyés.

 

Découvrez le domaine Montirius !

Vous avez envie de découvrir le domaine Montirius ? Bonne nouvelle : le Domaine est ouvert pendant les vendanges !

vendanges, Domaine Montirius © Montirius

© Montirius

© Montirius

L’originalité de ce domaine est qu’il est ouvert aux visiteurs curieux pendant les vendanges. C’est suffisamment exceptionnel pour être souligné ! C’est un parti pris osé car c’est un moment de pleine activité où toutes les équipes sont concentrées sur leur travail mais c’est aussi LE moment où les cuves et les caves sont en vie !

Christine et Eric font goûter les raisins, montrent avec plaisir la naissance du vin dans les cuves… Et proposent même aux visiteurs de déguster cette naissance insolite. Une expérience incroyable : goûter la même cuve à différentes heures de la journée. Ils les font participer à leurs activités de la journée pour faire vivre leur quotidien avec le vin et expliquent pourquoi ils prennent telle ou telle décision. On peut voir le raisin entrer dans la cuve, le stade où le raisin commence à remonter, on peut sentir les levures entrer en fermentation… Puis, quand la fermentation alcoolique est quasiment terminée, que ça infuse et que ça se transforme véritablement en vin, on peut assister au décuvage.
Je pense que vous l’avez compris, c’est sa passion que cette famille transmet, son quotidien, avec son équipe de 12 personnes. Ils tentent, à leur échelle, de changer les mentalités et d’être disponibles pour tous les gens curieux d’en apprendre davantage sur leurs méthodes. Avant tout, ils aiment partager et c’est un vrai plaisir de leur rendre visite.

Vous pouvez aussi visiter le domaine et rencontrer Christine et Eric lors d’ateliers « Pédagogie et Découverte » qu’ils animent sur rendez-vous pour des groupes pouvant aller jusqu’à 9 personnes (compter 25€/pers). Au programme : dégustation de toute leur gamme de vins, visite de leur cave et discussion autour de leur démarche.

La famille Saurel au grand complet, Domaine Montirius © Montirius

La famille Saurel au grand complet : Eric, Marius, Justice, Christine et Manon © Montirius

Montirius est la contraction des noms des 3 enfants de la famille : Manon, Marius et Justine, l’aînée… Grâce à qui tout est arrivé !

Plus d’infos : www.montirius.com
 
Où trouver des vins du domaine Montirius, à Paris et en Ile-de-France ?
Cavistes :
La Cave des Gobelins, 56 avenue des Gobelins 75005 Paris – 01 43 31 66 79
La Grande Epicerie, 38 rue de Sèvres 75007 Paris – 01 44 39 80 05
Le Caviste Bio, 50 rue de Maubeuge 75009 Paris - 01 48 78 30 03
Le Paradis de benjamin, 49 rue de Paradis 75010 Paris – 01 47 70 91 33
 
 
La Cave du Moulin Vieux, 4 rue de la Butte-aux-Cailles 75013 Paris – 01 45 80 42 38
 
Le Chemin des Vignes, 113 bis avenue de Verdun 92130 Issy-les-Moulineaux – 01 46 38 11 66
Au Chai du Chat, 18 Rue Perier 92120 Montrouge – 01 46 54 59 00
Les Caves Saint Clair, 247 boulevard Jean Jaurès 92100 Boulogne-Billancourt – 01 47 61 05 12
La Cave du Village, 75 rue du Général Leclerc 94000 Créteil – 01 43 99 41 38
Les Caves de la Mairie, 14 rue Charles de Gaulle 94100 Saint Maur des Fossés – 01 48 83 03 67
Le Cellier de Vincennes, 73 rue Defrance 94300 Vincennes – 01 41 74 01 53
 
Restaurants
Chez Vong, 10 Rue de la Grande Truanderie 75001 Paris – 01 40 26 09 36
Une Poule Sur Un Mur, 5 Rue Marie Stuart 75002 Paris – 01 42 33 05 89
Les Minimes, 36 rue de Turenne 75003 Paris – 01 42 71 36 70
Le Vin de Soif, 24 Rue Pierre Leroux  75007 Paris – 01 43 06 79 85
Rollet Pradier, 6 rue de bourgogne 75007 Paris – 01 47 05 77 08
Restaurant de l’Assemblée Nationale, 126 rue de l’Université/ Annexe 101 RU  75007 Paris – 01 40 63 77 03
Dominique Bouchet, 11 rue TRreilhard 75008 Paris – 01 45 61 09 46
 
Le Chemin des Vignes, 7 Rue Pasquier  75008 Paris – 01 42 65 39 86
Les Diables au Thym, 35 Rue Bergère 75009 Paris – 01 47 70 77 09
La Cuisine, 14 Boulevard de la Tour-Maubourg 75007 Paris- 01 44 18 36 32
 
La Table d’Antan, 38 Avenue de la Grande Charmille du Parc 91700 Sainte-Geneviève-des-Bois - 01 60 15 71 53 Aubergine et Compagnie, 36 Avenue Henri Ginoux  92120 Montrouge – 01 40 84 00 00
Restaurant Issy Guinguette, 113 bis avenue de Verdun 92130 Issy-les-Moulineaux - 01 46 62 04 27
 
 

Au domaine La Cabotte, une approche plus rationnelle… mais néanmoins passionnée de la Biodynamie

Le domaine La Cabotte est situé sur un plateau culminant à 165 mètres entre Orange et Bollène, au cœur du Massif d’Uchaux, au Nord-Est du Vaucluse dans les Côtes du Rhône méridionales. Ceinturé au nord par le bois, il couvre une superficie de 45 hectares d’un seul tenant, dont 30 hectares plantés de vignes. C’est cette disposition d’un seul tenant et bénéficiant d’un micro climat privilégié qui permet à Marie-Pierre et Eric de travailler en Biodynamie. Ils produisent des vins d’appellation Côtes-du-Rhône, Massif d’Uchaux Côtes-du-Rhône Village et, depuis 2005, Châteauneuf du Pape. C’est le père de Marie-Pierre, Gabriel d’Ardhuy, qui acquiert le domaine en 1980, alors qu’il est partiellement à l’abandon. Puis c’est sa fille qui reprend le flambeau, rejointe dès 1986 par son mari, Eric Plumet. Ensemble, ils réhabilitent patiemment le terroir et refaçonnent les anciennes terrasses pour y accueillir des vignes.

© domaine La Cabotte

© domaine La Cabotte

Le nom de « la cabotte » vient des petites cabanes en pierres sèches que l’on trouvait en Bourgogne depuis la fin du XVIe siècle. Le père de Marie-Pierre était passionné par ces petites constructions qui servaient d’abri pour déjeuner à l’ombre ou de remise pour les outils. Aujourd’hui, elles ne servent plus à rien mais ont un charme fou ! Pour avoir la leur dans cette région où elles n’existaient pas, ils ont décidé de la construire eux-même dans leur domaine, en 2009.

Eric Plumet Domaine de La Cabotte

© La Cabotte

 

Pourquoi le choix de la Biodynamie ?

Marie-Pierre et Eric ont été guidés par un soucis de respect du terroir. Ils ont commencé par arrêter les désherbants puis en sont venus petit à petit à la Biodynamie. Comme Eric le dit, il faut être curieux : « c’est en allant voir d’autres vignerons et en lisant des bouquins sur le sujet que l’on essaye au départ. Il ne faut rien inventer, juste s’inspirer ». Ils suivent des conférences pour en apprendre davantage. Ils assistent notamment à celles données par Nicolas Joly, l’un des pionniers de la Biodynamie en France. Puis il s’orientent vers des conseillers capables de les aider dans la direction qu’ils ont choisi de suivre.

« A l’époque, c’était compliqué de trouver un conseiller sérieux et pas un « gourou » qui nous dictait ce qu’on devait faire. On avait envie de comprendre et de maîtriser la méthode qu’on était sur le point d’appliquer sur nos terres. »

 

La recherche d’un conseiller sérieux…

En 2007, ils finissent par trouver Jacques Mell en Champagne, qui leur permet d’avancer à leur rythme, à leur demande, sans leur imposer de directives.

Aujourd’hui, si Eric et Marie-Pierre n’estiment pas maîtriser la Biodynamie, ils commencent à obtenir de beaux résultats, parviennent à intégrer des logiques et à appliquer leur savoir sur leurs parcelle. Une fois par an, leur conseiller revient pour voir où ils en sont.

 

La vision de Marie-Pierre et Eric sur la Biodynamie

« On ne peut pas faire les choses à moitié quand on se lance dans la Biodynamie. »

Selon Eric, la Biodynamie se base surtout sur l’observation : observer la nature, les sols, essayer de comprendre comment ça fonctionne. L’objectif n’est pas le rendement maximum mais le meilleur rendement pour la meilleure qualité.

« Il faut se mettre à la place de la vigne et tenter de comprendre ce qu’il lui faut. C’est des méthodes de travail réservées à des gens passionnés ! »

Il faut dépasser le côté astral un peu « perché » pour comprendre la logique de la Biodynamie. Si on compare le vigneron à un entraîneur sportif, on comprend mieux comment ça marche. Le bon entraîneur ne va pas doper son poulain avec des substances chimiques pour obtenir de meilleurs résultats factices, mais va le former toute l’année, avec rigueur et régularité. Les impulsions données à la vigne et aux sols toute l’année sont comme un entraînement. C’est ce qui lui permet de donner le meilleur d’elle-même pour la vendange. Et dans les faits, on observe qu’avec la méthode Biodynamique, les ports de vignes sont plus droits, les feuilles se tournent davantage vers le soleil et la sève est plus élaborée et les raisins plus riches et plus équilibrés.

 

Domaine La Cabotte

© domaine La Cabotte

 

« En France, seulement 300 vignerons font de la Biodynamie certifiée par Demeter (le label permettant de reconnaître les produits issus de cette méthode), mais le mouvement est en marche ! Car on obtient des vins différents mettant en valeur le terroir, et ce qui a fait la force du vin français c’est précisément son terroir incroyable, allié à ses cépages. Avec les méthodes traditionnelles de culture intensive, en 3 ou 4 générations, le terroir a un peu été tué, ce qui explique qu’à l’international les vins français ressortent moins et soient noyés dans la masse des vins fabriqués dans d’autres pays aux terres moins « fatiguées » (Cf top 100 des vins du Wine spectator, dans lequel beaucoup des vins français qui remontent sont faits en Biodynamie). Les grands vignerons français y viennent tout doucement … mais y viennent sûrement ! »

 

Le succès de leur méthode

Si depuis 1992, le domaine La Cabotte était habitué à rafler de nombreuses récompenses (sélection dans les guides Gault- Millau, Hachette, médailles d’or…), il se place depuis 2007 sur un nouveau créneau qui est en train de faire ses preuves. Le changement est encore relativement récent mais les consommateurs français et étrangers ont été séduits par les crus de la maison ! Ils se vendent en effet très bien, forts de leur singularité et de leur identité basée sur le terroir.

Domaine La Cabotte

 

Découvrez le domaine La Cabotte !

Eric et Marie-Pierre vous reçoivent sur rendez-vous pour vous faire découvrir leurs vins et leurs méthodes Biodynamiques. Passionnant, Eric parvient à vous faire entrer dans un monde ésotérique, presque surréaliste, par le biais d’explications rationnelles, le tout de façon très pédagogique ! Il m’a donné beaucoup de clés de compréhension sur ces méthodes originales et son discours m’a vraiment conquise. Loin de vouloir me convaincre absolument qu’il détenait la vérité absolue, il m’a exposé très humblement les bienfaits de la Biodynamie, tout en admettant ne pas tout maîtriser.

Plus d’infos : www.lacabotte.com
 
Où trouver des vins du domaine La Cabotte, à Paris et en Ile-de-France ?
Cavistes :
Le caviste Bio, 50 rue de Maubeuge 75009 Paris - 01 48 78 30 03
Aux Anges, 30 rue Faidherbe 75011 Paris – 01 43 56 38 53
La cave de la Bastille, 6 rue Sedaine 75011 - 09 53 91 52 02
Les Caves de Reuilly, 11 boulevard de Reuilly 75012 Paris - 01 43 47 10 39
 
Cave du Château, 17 rue du Temple 94300 Vincennes – 01 43 28 17 50
Grains de Folie, 128 rue de Paris, 93260 Lilas - 01 43 60 34 57
Le Decanteur, 62 avenue Henri Ginoux 92120 Montrouge - 01 46 54 35 56
 
Restaurants
Le Verjus, 52, rue de Richelieu 75001 Paris – 01 42 97 54 40
Le Fumoir,  6 Rue de l’Amiral de Coligny 75001 Paris – 01 42 92 00 24
Le Frenchie, 5-6 rue du Nil 75002 Paris – 01 40 39 96 19
Beaucoup, 7 Rue Froissart 75003 Paris – 01 42 77 38 47
Le Glou, 101 Rue Vieille du Temple 75004 Paris – 01 42 74 44 32
Aux 2 vaches, 17 bis boulevard Haussmann 75009 Paris -01 44 35 26 42
La gazetta, 29 Rue de Cotte 75012 Paris – 01 43 47 47 05
Le bal café, 6 Impasse de la Défense  75018 Paris – 01 44 70 75 51
Antoine de Montmartre, 102 ter  rue Lepic 75018 Paris - 01 53 09 23 93
Le Chamarre Montmartre, 52 Rue Lamarck 75018 Paris - 01 42 55 05 42
 

Quoi qu’il en soit, si vous allez faire un tour du côté des Côtes-du-Rhône pour rendre visite à la famille Saurel ou à Eric et Marie-Pierre Plumet, préparez-vous à ressentir un vrai coup-de-foudre pour la Biodynamie. Ce ne sont pas des viticulteurs classiques que vous allez rencontrer, mais des militants passionnés qui vivent en communion avec leur terre. On trouve peu d’arguments contraires à leur façon de voir les choses, tant elles ont fait leurs preuves… Alors, tant pis si l’on se sent un peu dépassé, c’est aussi ça la magie de la Biodynamie !

 

Deux approches différentes mais dans les faits : une même pratique…Comment fait-on de la Biodynamie ?

Les préparations biodynamiques

Les préparations sont la pierre angulaire de la pratique de la Biodynamie. Elles permettent de faire renaître la fertilité naturelle des sols et de produire des raisins savoureux et sains.  Aux domaines Montirius et La Cabotte, comme dans tous les autres domaines adeptes de la biodynamie, trois préparations principales sont utilisées :

  • Le compost de bouse de Maria Thun, qui tient son nom d’une chercheuse pionnière en Biodynamie qui a inventé des préparations pour régénérer les sols . Ces composts sont réalisés à partir de bouse de vache mélangée à de la poudre de basalte, de quartz pilé ou encore de coquille d’œuf… puis sont ensuite enterrés dans des cornes de vache pendant une durée déterminée avant d’être pulvérisés à l’automne sur les sols, dans des quantités infinitésimale : 240 grammes par hectare.
  • La Bouse de corne, dite préparation « 500″, se compose de bouse de vache, également introduite dans des cornes puis enterrée. Au total, 150 cornes sont rassemblées au même endroit puis enterrées pendant un an. La bouse se transforme en humus naturel et le compost qui en ressort, très fin et plein de vie, sert à renforcer la vie souterraine de la vigne. Il sera répandu sur tout le domaine à une dose de 120 grammes par hectares. Autant dire des doses homéopathiques
  • La silice de corne, dite préparation « 501″, est faite à partir de cristal de roche broyé, mélangé à de la bouse puis également enterré dans des cornes. Une fois broyé, le cristal de roche se compose de milliers de petits miroirs qui agissent sur les feuilles en accélérant la photosynthèse. La silice de corne aide au développement des feuilles, à l’équilibre de la fleur, à l’initiation florale et donne l’énergie nécessaire à une bonne fructification. Elle est pulvérisée à la dose de 7 grammes par hectares, -soit 100 fois moins que la bourse de corne ! -, le plus souvent au printemps ou à l’automne, de préférence au lever du jour et par beau temps, pour rentabiliser au maximum les rayons du soleil !
Bouse de Corne

© domaine La Cabotte

 

Vous avez bien suivi, toutes ces préparations sont enterrées dans des cornes… D’après Christine Saurel, les vaches sont connectées aux astres grâce à elles… D’où le rôle fondamental de cet organe dans la méthode Biodynamique. L’approche d’Eric Plumet et Marie-Pierre Plumet d’Ardhuy, du domaine la Cabotte, en la matière est nettement plus terre à terre ! Selon eux, c’est le silice contenu dans la corne qui joue un rôle essentiel dans la décomposition de la bouse… Analyse beaucoup plus rassurante pour mes oreilles habituées aux discours rationnels !

Ces préparations ne sont donc pas vraiment des engrais à proprement parler car on n’apporte pas de matière nourrissante à la vigne. Elles sont diluées dans des litres et des litres d’eau puis pulvérisées sur le domaine. Comme en homéopathie, il s’agit d’apporter de l’information – en quantité infinitésimale – à la terre et à la vigne afin qu’elle soit décodée par les organismes, sans toutefois les nourrir. Il existe d’autres préparations, qui ont toutes des vertus reconnues et parfois spectaculaires, toutes à base de plantes (fleur d’achillée mille feuilles, fleur de camomille, fleur de pissenlit, ortie, écorce de chêne).

compost biodynamique

Toute la préparation « 500″ destinée aux 30 hectares du domaine La Cabotte tient dans ce seau… © domaine La Cabotte

 

Le rôle du dynamiseur

C’est quoi un dynamiseur ? Une sorte de machine à remonter le temps… :) En fait, il s’agit d’une sorte de grand tonneau avec des palettes électriques dans lequel on mélange les différents composts listés ci-dessus avec de l’eau (270 litres d’eau pour 6 hectares, soit 45l/ha). Il permet de brasser l’eau enrichie de compost. Le but de l’opération est de créer un vortex (tourbillon), puis de changer de sens pour le casser et en former un nouveau, puis rechanger et ainsi de suite pendant une heure.

Selon la famille Saurel, du domaine Montirius, le chaos tient un rôle central en Biodynamie : c’est à partir du chaos que l’on crée toute chose, d’où le besoin de « casser » ces vortex…  Eric et Marie-Pierre du domaine La Cabotte, expliquent plus rationnellement que cette dynamisation a pour but d’oxygéner et de vivifier la substance, de libérer l’énergie des composts et de transmettre cette dynamique à l’eau.

Une fois mélangé, on pulvérise la potion obtenue de façon homogène, grâce à  un canon, sur les vignes. Ça retombe tout doucement comme un brouillard sur le sol. Il faut donc acheter un matériel spécifique pour réaliser tout cela… Pas si simple ! Par ailleurs,  il faut aussi respecter un calendrier d’heures et de dates précises pour effectuer chaque étape. Au total, il faut compter une heure pour faire 6 hectares… A titre d’exemple, au domaine La Cabotte, il y en a 30… Cela représente 3 jours de travail sur un rythme de 12 hectares par jour !

 

Dynamiseur en action © domaine La Cabotte

Dynamiseur en action © domaine La Cabotte

 

Le respect des cycles naturels

On connait tous les rythmes visibles de la terre : lever et coucher du soleil, saisons, cycles de la lune… Mais en Biodynamie, on estime qu’ il existe bien d’autres rythmes moins visibles et pourtant très importants, notamment celui du rayonnement des planètes et des constellations. Chacune d’elle apporte sa propre influence que l’on classe généralement en 4 éléments : l’élément “aqueux”, l’élément “chaleur”, l’élément “terre”, l’élément “air lumière”.

Maria Thun a passé toute sa vie à faire des recherches sur l’influence des cycles lunaire et planétaires sur ces éléments. Elle a noté des expériences sur leur impact dans la culture de différentes plantes et est arrivée aux conclusions suivantes :

  • l’élément aqueux stimule la formation de la feuille,
  • l’élément chaleur stimule la formation du fruit,
  • l’élément terre stimule la formation de la racine,
  • l’élément air lumière stimule la formation de la fleur.

Selon la nature de la plante et l’organe précis que l’on souhaite travailler, il faut donc suivre un calendrier bien particulier baptisé le calendrier des semis (il s’agit en fait du calendrier lunaire), en favorisant l’élément chaleur/ fruit lors des différents travaux.

Eric Plumet : « 90% de nos travaux sont dans des jours fruits en ce qui concerne les vignes. Puis après récolte, dans les caves, on travaille sur les jours fruits et fleurs. Même pour les mises en bouteilles, on respecte le calendrier : on choisit un jour où la lune est descendante ou décroissante pour que tout soit bien enfermé dans la bouteille…  Ce sont des méthodes de travail réservées à des gens passionnés ! »

 

 

Rythme sidéral Biodynamie

 

Fortifier la vie des sols
Pour que la vigne puisse s’implanter dessus, il faut des sols vivants, qui doivent grandir par les deux bouts :

-          La surface, pleine de micro-organismes qui ont besoin de lumière et d’oxygène pour vivre,

-          En profondeur, la roche mère sur laquelle tout se base et qui doit se dégrader et être érodée par des micro-organismes pour libérer les oligo-éléments qui vont nourrir la vigne. C’est ça qui libère l’esprit du terroir.

Pour que tout cet humus de surface se mélange aux oligo-éléments situés en-dessous, le secret de la Biodynamie consiste à travailler sur la verticalité. Tout comme sur les marées, les phases de la lune et des planètes ont également une incidence sur tous ces organismes. Il s’agit de les utiliser au mieux pour favoriser la remontée vers la surface de certains éléments profondément enfouis et absorption par la terre des ingrédients pulvérisés par l’homme.

Domaine Montirius, Eric Saurel au milieu de ses vignes © Montirius

Eric Saurel au milieu de ses vignes © domaine Montirius

 

La taille des vignes

Même dans la taille des vignes, la Biodynamie a des principes particuliers. Il s’agit d’écouter la vigne, de se connecter à elle pour la tailler dans le bon sens. Les vignes du domaine Montirius sont donc taillées entièrement à la main et de façon sensiblement différente à celles employée dans les domaines de la région. Pour se faire, Christine et Eric ne recrutent que des passionnés, comme eux, qui ont une « connexion » avec la vigne et sont capables de comprendre comment elle doit être taillée.

Christine Saurel : « En Biodynamie, tout est possible ! Gardez tous vos capteurs ouverts, ce n’est pas intellectuel. Chaque geste est changé par votre vision différente de la vigne, qui est vivante. Il ne faut pas rester dans des choses préconçues et toujours rester ouvert, même si on ne comprend pas tout. » 

 

 

Biodynamie

En savoir plus sur la Biodynamie

 

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4 Comments + Add Comment

  • Super billet, détaillé, complet. Je connais un peu les deux domaines bien sûr, fan de leurs vins (sublimes blancs notamment) ; j’aborderai aussi la biodynamie sur le blog Côtes-du-Rhône News en plusieurs étapes et je ferai un lien vers cet article :) je partage déjà sur la page ad hoc sur fb

    • Merci pour le commentaire et le relai !
      Je m’empresse d’aller jeter un oeil sur le blo Côtes du Rhône News :)

  • Merci Alice pour ce bel article que je n’avais pas eu le temps de lire. Tu as bien fait passer la passion de nos hôtes. Ce sera encore mieux pour tes lecteurs de venir déguster ces vins en Provence.

    • Merci Flo ! J’espère en effet que les lecteurs auront envie d’aller en découvrir un peu plus sur place :)

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