mai
30
2012

Week-end des grands crus 2012 : le bilan

Le mois de mai 2012 à Bordeaux aura été chaud chaud chaud !

Les grands crus ont coulé à flot, servis par des barmens encouragés par une météo radieuse et un soleil tout aussi généreux qu’eux. Bref, l’édition #7 de la Soirée des Grands Crus a tenu ses promesses.

Au programme, une soirée festive, arrosée, dansante et chaude, organisée par une équipe jeune et dynamique, dont la bonne humeur et le goût des bonnes choses sont communicatifs !

Soirée des Grands Crus de Bordeaux

Cette année encore, l’Union des Grands Crus de Bordeaux a trouvé une belle salle face à la Garonne, pour déguster, comparer et se passionner sans modération pour les centaines de crus servis en open bar. C’est Le Makila Café qui nous a servi de dance floor, pour la deuxième année consécutive, nous faisant profiter de sa terrasse donnant sur le fleuve. Comme il s’agit d’un restaurant de spécialités basques, on nous avait servi un généreux buffet pour accompagner ces très célèbres rouges et ces quelques – plutôt rares – blancs servis à volonté.

Vue garonne

La Terrasse du Vestiaire, avec vue sur la Garonne

Du basque, vous me direz, ce n’est pas le meilleur choix que l’on puisse faire pour accompagner une dégustation de vins de Bordeaux… Ni d’aucun autre vin d’ailleurs ! Avec ses épices et ses sauces bien marquées, c’est une gastronomie difficile à marier, qui a tendance à saturer complètement le palais. C’est donc la seule petite critique que j’émettrai sur cette soirée par ailleurs très réussie…

D’autres que moi avaient d’ailleurs dû faire la même remarque au préalable, parce qu’à côté des canapés de pimientos, de tapenade relevée à l’anchois et de croissants au jambon, j’ai eu l’immense plaisir de découvrir de très généreux plateaux d’huîtres fraîches. Autant dire que c’était l’unique chose qui manquait à rendre mon bonheur total. J’en prends une première  -bien arrosée de citron- pour rincer mon palais, une deuxième pour apprécier son goût délicat, et enfin une petite dizaine pour accompagner mon verre de blanc, parfaitement frais et sec… Je crois que je suis restée accoudée au bar pendant au moins 3/4 d’heure. Moi, pilier ? Jamais :)

Plateau d'huîtres fraîches

Une fois cette mise en bouche terminée, je suis prête à affronter la dégustation des bons grands rouges proposés par les barmens souriants.

Sur les conseils des connaisseurs, j’entame ma quête du graal avec un Margaux. Un Château Rauzan-Gassies 2008. On me dit que c’est plutôt féminin et fruité et que pour commencer, c’est un bon choix car il commencera à faire travailler doucement mon palais sans exagérer. Parfait conseil pour démarrer la soirée, qui promet d’être chargée en tanins! Pour la petite parisienne que je suis, peu connaisseuse et habituellement amatrice de vins pas trop corsés, cette entrée en matière est bien choisie.

Château Rauzan-GassiesMargaux 2008

Château Rauzan-Gassies, Margaux 2008

Une fois ce premier verre dégusté et mon palais tout prêt à passer à quelque chose de plus fort, je veux affronter mes démons, et pars à la recherche de quelque chose de plus tanique, quitte à tenter un terroir bien riche et un vin bien strong. Je me dirige donc vers la bouteille la plus vieille que je vois : un Saint-Julien Château Saint-Pierre 1999… Pour avoir du corps, il a du corps ! J’avoue même qu’une fois ouvert, il me plait encore plus que le premier. Même s’il est fort, tanique et presque sablonneux, il est complexe et je ne suis pas envahie par cette odeur omniprésente de vanille que je retrouve dans beaucoup de Bordeaux et qui m’empêche d’aller plus loin dans les saveurs (tout le monde n’a pas la chance d’avoir un nez exceptionnel et un palais bien entraîné !). Après l’avoir aéré un peu, le côté sablonneux s’en va et le bouquet devient un peu plus fruité. Conclusion : je ne suis pas originale pour un sou, je préfère les vins vieux aux vins jeunes, avec une force plus riche mais moins évidente, plus complexe… Bravo pour cette découverte !

Chateau Saint-Pierre Saint-Julien Domaines Henri Martin

Chateau Saint-Pierre 1999, Saint-Julien - Domaines Henri Martin

Pour mes essais suivants, j’essaye de goûter des crus de divers terroirs pour essayer de percevoir les différences entre les uns et les autres : un Château de Fieuzal 2007 du côté de Pessac-Léognan, un Château La Dominique 2007 du côté de Saint-Emilion et un Château Clinet 2007 du côté de Pomerol. Verdict : mes préférences vont pour le Fieuzal et le Clinet. Peut-être que mon palais est déjà trop entamé, mais je n’arrive pas à percevoir comme il faudrait le goût de La Dominique, sûrement plus fin et moins corsé que les autres… Best one : Le Clinet ! Et pourtant les vins de Pomerol ne sont pas mes préférés, souvent trop forts et trop taniques à mon gôut. Mais là, j’avoue que celui-là remporte l’adhésion de mes papilles… Et ce n’est pourtant pas la meilleure année !! Le cru 2009 ayant obtenu la note parfaite de 100/100 auprès du guide Robert Parker, je pense qu’il promet et que je vais tout faire pour en goûter !

Château de Fieuzal Château La Dominique Saint-Emilion Château Clinet Pomerol

Château de Fieuzal 2007; Château La Dominique 2007, Saint-Emilion, vignobles Clément Fayat ; Château Clinet 2007, Pomerol

Enfin, pour finir la soirée en beauté, je demande un Château Chasse-Spleen 2007 de Moulis en Médoc… L’année dernière, au cours de la même soirée, il m’avait complètement subjuguée. Mon palais était sûrement saturé par la dégustation des vins de Bordeaux et par tous les mets basques servis en accompagnements (déjà à l’époque), mais tout ce que je sais c’est qu’au moment où je l’ai goûté, j’en suis tombée amoureuse. Moi qui commençais à avoir l’impression que tous ces vins avaient à peu près le même goût fort et vanillé (bouhouhouhou la nulle qui ne sait même pas différencier des grands crus de Bordeaux !), j’ai été bluffée par la finesse, le fruit et la longueur en bouche de ce vin. L’ayant bu à l’aveugle, j’avais juste su que je l’aimais beaucoup et que je tenais peut-être entre les mains le premier vin de Bordeaux qui me plaisait vraiment. Mes interlocuteurs, sachant ce que je buvais, ont bien rit en m’expliquant que j’avais très bon goût car c’était un cru très célèbre et magnifique. Encore une fois, je n’ai aucune originalité, mais au moins j’ai trouvé ce qui me plaisait le plus !

Château Chasse Spleen 2007

Château Chasse Spleen 2007

Cette année, j’ai donc décidé de terminer la soirée en beauté en en redemandant un verre. Ce n’était pas le même cru que celui servi l’année dernière, et j’avais un peu peur d’être déçue, de ne plus ressentir la même chose vu que je n’en avais pas goûté depuis un an… Et bien non ! Il a encore tenu ses promesses et fait son petit effet. Je ne saurais pas l’expliquer, mais il est différent de ses petits copains de Bordeaux. On dirait qu’il s’élève dans une autre sphère, plus aérienne, presque divine. Bon ça va, j’en fais des caisses, mais vraiment : je l’aime ce vin !! Sans rire, et sans vouloir partir dans des généralités, si vous aussi vous pensez ne pas être archi fan des vins trop taniques et trop alcoolisés du sud, tentez celui-ci, vous pourriez être surpris !

Au final, j’ai passé une excellente soirée à danser comme une folle, à boire du très bon vin et à m’empiffrer d’huîtres fraîches, le tout pour 60 €. Et en bouquet final, j’ai renoué avec mon chouchou bordelais : Le Chasse-Spleen.

Je reviens donc de mon Week-end des Grands Crus de Bordeaux toute bronzée, défoulée, assouvie et amoureuse.

Qui dit mieux ? Alors guettez la prochaine édition… C’est dans un an, il faudra être patient certes, mais elle promet d’être, encore une fois, inoubliable !

 

Plus d’infos : ugcb

 

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